Survie : 7 idées reçues qui peuvent vous tuer
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Le bushcraft et la survie sont entourés de mythes. Des gestes transmis de génération en génération, popularisés par des films, des séries, des émissions de télé-réalité. Des réflexes qui semblent logiques, intuitifs, presque évidents. Le problème : certains d'entre eux sont non seulement inutiles, mais franchement dangereux. Voici sept idées reçues à bannir définitivement de votre trousse mentale de survie.

1. Sucer le venin d'une morsure de serpent
C'est l'image classique : le héros incise la plaie et aspire le venin avec sa bouche. Mais vous savez quoi ? Ça ne marche pas.
Le venin pénètre les tissus en quelques secondes et se disperse dans la circulation lymphatique avant même que vous ayez eu le temps de réagir. Aspirer n'en extrait qu'une fraction infime. Pire : la bouche est un environnement bactérien. En suçant, vous introduisez des germes dans une plaie ouverte, multipliez le risque d'infection et si vous avez la moindre lésion buccale, vous exposez votre propre organisme au venin.
Ce qu'il faut faire ? Immobiliser le membre, rester calme (la fréquence cardiaque accélère la diffusion) et évacuer vers une structure médicale le plus vite possible.
2. Boire son urine pour survivre
Popularisé par des émissions de survie célèbres, ce conseil semble intuitif : on se déshydrate, on a de l'eau dans le corps, on la réutilise. Et c'est pourtant une erreur.
L'urine contient précisément les déchets que vos reins ont filtrés pour les expulser : urée, sel, toxines. En les réingérant, vous imposez un travail supplémentaire à des reins déjà sollicités, vous augmentez la concentration de sel dans votre organisme et vous accélérez la déshydratation. L'urine peut servir à humidifier localement la peau en cas de brûlure légère, mais jamais à boire.
3. Manger de la neige pour s'hydrater
En hiver, entouré de blanc, l'idée paraît logique : de l'eau partout, gratuite, disponible et transportable. Mais quelle mauvaise idée.
Ingérer de la neige force votre corps à dépenser de l'énergie pour la réchauffer et la fondre, ce qui abaisse votre température centrale. En situation de survie hivernale, l'hypothermie tue avant la déshydratation. La bonne méthode : faites fondre la neige dans votre popote sur le réchaud ou contre votre corps avant de la consommer.

4. Uriner sur une piqûre de méduse
Rendu célèbre par une série américaine, ce geste est ancré dans la culture populaire. Or, l'urine peut activer les nématocystes (les cellules urticantes) encore présents sur la peau, et aggraver considérablement la douleur.
Ce qu'il faut faire : rincer abondamment à l'eau de mer (jamais d'eau douce, qui ferait éclater les cellules et libérer davantage de venin), retirer les tentacules avec un objet plat sans toucher à mains nues, puis appliquer du froid. Dans votre trousse de secours de bivouac : du sérum physiologique, toujours.
5. La mousse pousse toujours au nord
Ce mythe de navigation est enseigné comme une vérité absolue. Alors qu'en réalité,... la mousse pousse là où il y a de l'humidité et de l'ombre. Donc pas nécessairement au nord.
En forêt dense, dans les Ardennes, les Vosges ou le Jura, avec des reliefs et une végétation abondante, la mousse peut pousser dans toutes les directions. Se fier uniquement à ce repère peut vous dérouter dangereusement. Une boussole pèse 20 grammes. Emportez-en une.
6. Suivre les animaux pour trouver de l'eau potable
La logique semble solide : les animaux ont besoin d'eau, leurs traces mènent à une source. Partiellement vrai pour localiser de l'eau, mais totalement faux pour en garantir la potabilité.
Les animaux sauvages boivent dans des points d'eau contaminés par des bactéries, des parasites (giardia, leptospirose) ou des polluants agricoles. Quelque chose que vous ne pouvez pas faire sans finir par vous retrouver à l’hopital. Trouver un cours d'eau grâce à des traces animales est plutôt utile... du moins, si vous n'envisagez pas de filtration ou de purification. Chaque source d'eau en nature doit être traitée.
7. Faire le mort face à un ours
Ce conseil circule encore largement. Il ne s'applique que dans un cas précis : l'ours brun en attaque défensive (lorsqu'il protège ses petits ou a été surpris).
Face à un ours noir, ou lors d'une approche prédatrice (l'ours vous a suivi, approche lentement et délibérément), faire le mort est une erreur fatale. La règle générale : reculez lentement sans vous retourner, parlez d'une voix calme et ferme, ne fuyez jamais. Si l'attaque est inévitable, défendez-vous activement sur le museau et les yeux. En Europe, les rencontres concernent surtout les Pyrénées et les Alpes : renseignez-vous toujours avant un bivouac en zone ursine.
Ce que ces sept mythes ont en commun
Ils sont intuitifs. Ils semblent logiques à chaud, sous le stress, quand le cerveau cherche une solution rapide. C'est précisément pour ça qu'ils sont dangereux : ils court-circuitent la réflexion au moment où elle est le plus nécessaire. Chez WildTactic, nous équipons les amoureux de la nature et de la préparation, mais nous travaillons aussi sur la construction de conaissances de bases solides, pas fondées sur des légendes. Parce qu'en situation critique, la différence entre une bonne et une mauvaise décision peut se faire sur des savoirs de qualité... et se mesurer en minutes. Voire parfois en secondes.