Premiers secours en nature : les 5 gestes qui sauvent (et qu'on oublie d'apprendre)

Premiers secours en nature : les 5 gestes qui sauvent (et qu'on oublie d'apprendre)

On pense au couteau, au réchaud, à la tente, à la lampe frontale. On investit dans le meilleur sac de couchage, on compare les filtres à eau, on teste les allume-feu. Mais combien d'entre nous se sont formés aux premiers secours avant de partir en bivouac ? Très peu. Pourtant, en pleine nature, loin de tout hôpital, c'est la compétence qui peut faire la différence entre un incident gérable et une catastrophe. Voici les 5 gestes essentiels à maîtriser, ceux qui sauvent, et qu'on oublie trop souvent d'apprendre.

Bandage réalisé en nature sur une plaie ouverte

1. Reconnaître et traiter l'hypothermie (avant qu'il ne soit trop tard)

L'hypothermie, ce n'est pas réservé aux expéditions polaires. Elle peut survenir par 10°C, sous la pluie, avec des vêtements mouillés et une mauvaise alimentation. Et elle tue discrètement.

Les signes : Frissons incontrôlables, confusion mentale, discours incohérent, maladresse gestuelle, somnolence. Si la victime arrête de frissonner alors qu'elle a toujours froid, c'est grave : le corps abandonne la lutte.

Les gestes qui sauvent : Isolez la victime du froid (abri, bâche, tarp). Retirez les vêtements mouillés, remplacez-les par des vêtements secs ou une couverture de survie (côté doré vers la victime). Réchauffez progressivement avec une boisson chaude sucrée (jamais d'alcool), contact peau à peau dans un sac de couchage si nécessaire. N'essayez jamais de réchauffer brutalement : ça peut provoquer un arrêt cardiaque.

2. Immobiliser une entorse ou une fracture (et éviter d'aggraver)

Une chute sur un sentier, un faux pas sur une racine, et c'est la cheville qui cède. Entorse sévère ou fracture ? Difficile à dire sur le moment. Mais mal géré, ça peut transformer une blessure bénigne en handicap durable.

Les signes : Douleur vive, gonflement rapide, impossibilité de poser le pied ou de bouger l'articulation, déformation visible.

Les gestes qui sauvent : Immobilisez immédiatement avec une attelle improvisée (bâton rigide, bâtons de randonnée), fixée avec des bandes ou des vêtements. Appliquez du froid pendant 15-20 minutes (jamais directement sur la peau). Surélevez le membre blessé. N'essayez jamais de "remettre en place" un os ou une articulation. Évacuez ou appelez les secours (112).

3. Stopper une hémorragie (avant que la victime ne perde trop de sang)

Une coupure profonde au couteau, une chute sur un rocher tranchant : en quelques minutes, une hémorragie peut devenir critique.

Les signes : Sang qui coule abondamment, victime pâle, pouls rapide, sensation de faiblesse.

Les gestes qui sauvent : Compression directe immédiate avec un linge propre, une compresse stérile, ou un vêtement. Maintenez la pression pendant au moins 10 minutes sans relâcher. Surélevez le membre blessé. Si la compression ne suffit pas, appliquez un pansement compressif (plusieurs compresses maintenues par une bande élastique serrée). En dernier recours pour hémorragie massive : garrot (bande large, jamais de fil ou de corde fine), placé au-dessus de la plaie, notez l'heure, évacuez immédiatement.

4. Gérer la déshydratation et le coup de chaleur (même en hiver)

On pense que la déshydratation, c'est pour les déserts. Erreur. En bivouac, par effort intense, on peut perdre 2-3 litres d'eau par jour sans s'en rendre compte.

Les signes de déshydratation : Soif intense, urine foncée et rare, fatigue, maux de tête, vertiges.

Les signes de coup de chaleur : Peau rouge et sèche (plus de transpiration), confusion, température corporelle supérieure à 40°C, pouls rapide.

Les gestes qui sauvent : Pour la déshydratation, réhydratez progressivement avec de l'eau pure et un peu de sel et de sucre. Buvez par petites gorgées. Repos à l'ombre. Pour un coup de chaleur, mettez la victime à l'ombre immédiatement. Refroidissez-la avec de l'eau (pas glacée), des linges humides sur le front, la nuque, les poignets. Faites boire par petites quantités. Si confusion ou perte de connaissance, appelez les secours immédiatement.

5. Réagir face aux piqûres et morsures (insectes, serpents, tiques)

En forêt, les rencontres avec la faune sont inévitables. Guêpes, tiques, etc. : la plupart du temps, ce n'est pas mortel, mais mal géré, ça peut le devenir.

Piqûres d'insectes : Retirez le dard avec une carte rigide (pas avec les doigts). Nettoyez à l'eau savonneuse. Appliquez du froid. Surveillez les signes d'allergie (gonflement important, difficulté à respirer) : c'est une urgence, appelez le 112.

Tiques : Retirez-la avec un tire-tique (jamais avec les doigts). Désinfectez. Surveillez la zone pendant 3 semaines : si une rougeur en cercle apparaît, consultez (maladie de Lyme).

Votre trousse de secours outdoor : l'essentiel

Pansements et compresses stériles, bande élastique de compression, désinfectant, pince à tiques et tire-tique, couverture de survie, ciseaux, gants jetables, antidouleur (paracétamol, ibuprofène), pansements "seconde peau" pour ampoules, sifflet pour signaler sa position... votre trousse de secours outdoor a déjà ici l'essentiel. Vous pouvez naturellement la renforcer avec d'autres éléments comme un bandage israélien, garrot tourniquet, une attèle de premier secours, etc, comme trouvable dans nos Kit de secours tactique VonGuard, qu'il s'agisse de l'Outdoor Emergency, Polysafe ou Advanced Crisis, ou les versions Family, Mountain ou Emergency, chez Care Plus.

Se former : où apprendre ces gestes ?

Lire un article, c'est un début... Mais pratiquer, c'est indispensable ;-) !

En France

  • PSC1 (Prévention et Secours Civiques niveau 1) : Formation de base, 7h, environ 60 €. Dispensée par la Croix-Rouge, la Protection Civile, les pompiers.
  • PSC1 "spécial outdoor" : Certains organismes proposent des PSC1 adaptés à la randonnée et au bivouac.
  • Stages de secourisme en milieu isolé : formations dispensées dans des stages de survie

En Belgique

  • BEPS (Brevet Européen des Premiers Secours) : Formation de 12 à 15 heures, 80 €. Dispensée par la Croix-Rouge
  • Brevet de secourisme : pour les plus motivés. 24 heures, 90 €, l'obtention du BEPS est un prérequis
  • Stage de secourisme en milieu isolé : formations dispensées dans des stages de survie

Conclusion : Le meilleur équipement, c'est votre formation

Vous pouvez avoir le kit le plus complet du marché, la tente la plus high-tech, le couteau le plus affûté. Si vous ne savez pas réagir face à une urgence médicale, tout ça ne servira à rien. Les premiers secours en nature, ce n'est pas une option, c'est une responsabilité. Envers vous-même, envers vos compagnons de sortie, envers ceux que vous croisez sur les sentiers.

Chez WildTactic, nous croyons que l'autonomie commence par un bon équipement... mais aussi par la compétence. Avant de partir en forêt, formez-vous. Ça prend une journée, ça coûte moins cher qu'un réchaud, et ça peut sauver une vie. La vôtre, ou celle de quelqu'un d'autre.

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